samedi 10 décembre 2016

Mgr Williamson fait la promotion d'un kabbaliste officiel, Dante, sur son site - Robert Bonnell : Le symbolisme initiatique selon Dante


On peut cliquer sur les images pour les agrandir.


Mgr Williamson, redonnant un ministère actif à l'abbé Abraham condamné par la FSSPX pour pédophilie et homosexualité et faisant la promotion du sataniste Thomas S. Eliot, fait également la promotion d'un kabbaliste officiel, Dante. 

Lien vers le site de Mgr Williamson :

Dante est appelé par Mgr Williamson "le plus grand des poètes catholiques" (voir images ci-dessus). Mgr Williamson et le Dr White, son grand ami, sont deux universitaires distingués. Il est donc très peu probable qu'ils ne savent pas qui était Dante. 

Je ne suis pas d'accord avec tout ce qui est dit dans l'article de Catherine Merlin (sauvegardé ci-dessous) affirmant l'appartenance de Dante à la kabbale, car Catherine Merlin fait l'apologie de Dante et présente de façon positive des éléments de la gnose. Mais cet article est précieux car il affirme de façon universitaire et documentée la vérité sur Dante et de plus, il nous enseigne de nombreux symboles.

A propos des templiers, dont il est fait mention dans cet article, il faut savoir qu'ils étaient gnostiques, homosexuels et satanistes. Anton Lavey, fondateur de l'Eglise de Satan, révère les templiers et en parle positivement dans ses livres, ainsi que beaucoup de sites de kabbale. Ces moines ont été condamnés pour homosexualité au sein de leurs couvents et pour culte sataniste, et ces accusations sont véridiques, sinon, elles ne seraient pas reconnues par d'aussi nombreux gnostiques. Tous les gnostiques conviennent que les templiers étaient des leurs et de nombreux sites gnostiques conviennent qu'ils étaient homosexuels. L'article ci-dessous est partiellement rédigé en langue des oiseaux. Nous l'étudierons plus tard pour apprendre à connaître des symboles gnostiques. Mais il ne faut pas prendre tout ce qui est écrit pour la vérité. 

Par exemple, le terme "tradition primordiale" se réfère en langue des oiseaux, aux religions païennes d'avant la venue de Jésus, religions qui adoraient déjà Lucifer-Isis sous des noms différents de déesses plus ou moins sanguinaires : Astarté, Ishtar, Hécate, Inanna etc. 

Voici l'article :


A l’origine publicitaire, Robert Bonnell  se consacre depuis quinze ans à la recherche, à l’écriture et au cinéma. IL est notamment l’auteur de « Dante le grand initié » (Editions Dervy, 2002) et d’un film sur l’Enfer de Dante. Sa conférence du 3 février 2005 était présentée dans le cycle organisé par l’Université du Symbole à l’Entrepôt.


La Divine Comédie est un grand voyage intérieur d’un symbolisme flamboyant, illustrant l’éternel combat de l’humanité, l’affrontement entre le bien et le mal éclairé par l’amour.

Repères : La Divine Comédie est un poème didactique et moral. Le poète, égaré dans la forêt sauvage du péché, « Au milieu du chemin de notre vie, je me trouvai dans une forêt obscure car j’avais perdu la voie droite », effectue un voyage imaginaire au travers de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis, jusqu’à la découverte de Dieu. Le poète latin Virgile, qui représente la raison, est son guide à travers l'enfer et le purgatoire, mais c'est la douce et vertueuse Béatrice qui l’accueille, le juge, pardonne et le conduit au Paradis. C'est finalement Saint Bernard qui lui fera rencontrer Dieu. La Divine Comédie se révèle être d’abord l’histoire de la conversion de Dante. Tout au long de son voyage, le poète rencontre des personnages mythologiques, historiques ou contemporains de son époque. Chacun d'eux est la personnification d'une faute ou d'une vertu, religieuse ou politique, et le poète décrit en détails le châtiment subi ou la récompense accordée. La Divine Comédie n’en est pas pour autant une œuvre religieuse, elle est en réalité une somme des conceptions politiques, scientifiques et philosophiques de la fin du XIIIe siècle. C’est une œuvre complexe qui peut se lire à différents niveaux et être interprétée de différentes façons. (source : http://docteurjp.free.fr/dante/comedie.htm

Virgile (personnage marqué du sceau de la raison humaine) accomplit une mission qui lui a été confiée par Béatrice - pour aider le poète à sortir de l’égarement où il est plongé dans un abîme de souffrance par la mort de celle-ci.

Le sens anagogique[1] de l’œuvre de Dante dévoile des significations souveraines, des voies de la gloire éternelle, en forte résonance avec les attentes contemporaines en termes de spiritualité. Il exprime « la doctrine qui se cache sous le voile des vers étranges » (Enfer chp 9).
Ce chemin initiatique vers la sagesse, par l’initiation intérieure, est approché aujourd'hui de manière holistique - la tradition est une dans sa diversité - avec
diverses clefs puisées dans les traditions de la Bible, de la mythologie, des pythagoriciens, de l’hermétisme, de la Kabbale, de l’astrologie traditionnelle, du Tarot. Tout ésotérisme alchimique est kabbalistique et condensé dans le Tarot (images du Tarot de Marseille et du Tarot d’Oswald Wirth).

L’exposé de Robert Bonnell comprend trois parties :
1)   quelques aspects du symbolisme initiatique
2)   les clefs essentielles du voyage initiatique de Dante
3)   un décryptage du chemin proposé

1)   Les trois filiations primordiales ayant guidé Dante sont :
-        les « fidèles d’amour » - le groupe dont il faisait partie avec Guido Cavalcanti - une société secrète cultivant un idéal chevaleresque, d’amour spirituel et de vertu primordiale, symbolisé par la femme hybride Minerve-Isis ;
-        les voyages de l’au-delà avec épreuves préparatrices et progression spirituelle du pèlerin, schéma de nombreuses traditions ;
-        la tradition primordiale de l’Eglise catholique entretenue par les Chevaliers du Temple - Dante insiste sur son appartenance à la « bergerie de Saint Jean ».

Cet hermétisme chrétien est lui-même nourri de diverses traditions. Dante cherche à définir une science chrétienne des voies spirituelles, une gnose[2] vécue, à la frontière entre science et art.
La Kabbale chrétienne représente une voie mystique d’harmonisation de la matière et de l’esprit afin de tendre vers l’union au divin. Son instrument de base est constitué par l’arbre de vie - les dix sephiroths et 22 chemins de lumière  - associés aux lettres hébraïques. La clef alchimique reproduit les opérations du Grand Œuvre, liées à la transformation intérieure de l’adepte. Les correspondances entre lettres, nombres, éléments et signes du Zodiaque forment donc un tissu de sens très dense.

Les pythagoriciens considèrent le nombre comme essence de toute chose. Dante s’inscrit aussi dans cette tradition pour construire la Divine Comédie et elle peut être associée à la Kabbale chrétienne pour l’interprétation de cette œuvre. Celle-ci comprend 14233 vers, chiffre qui, par réduction théosophique[3], donne treize, le nombre de la transformation intérieure : la mort du vieil homme, la renaissance de l’enfant [intérieur]. La Divine Comédie est aussi associée au nombre neuf[4], nombre de la perfection et nombre de Béatrice (miracle dont la racine renvoie à la Trinité).

2)   La symbolique sacrée du voyage initiatique
La géographie, la topographie, la nature, les éléments… tout baigne dans le contexte hermétique relié aux nombres et au sens kabbalistique.
Le Grand Œuvre alchimique est représenté en trois parties :
-        passage de l’Enfer : violence, épreuves, équivalent à l’ « œuvre au noir », premier temps de la recherche pierre philosophale ;
-        passage du Purgatoire : purification, sublimation, correspondant à l’ » œuvre au blanc », deuxième temps des épreuves par le feu et par l’eau ;
-        passage du Paradis : élévation, étape de l’ « œuvre au rouge » - changement du plomb en or, découverte de l’élixir de longue vie. Révélations successives amenant l’illumination, l’extase, la suprême connaissance et la joie béatifique.

Pour la description de l’Enfer, Dante s’inspire à la fois de la terminologie chrétienne des sept péchés capitaux mais aussi de l’éthique d’Aristote. L’enfer a la forme d’un cône renversé composé de cercles. Chaque cercle est gardé par un personnage mythologique, en général devenu Démon. Lucifer, ange déchu, se trouve au centre de la terre, le lieu le plus éloigné de Dieu.
L’Enfer se trouve dans l’hémisphère boréal, on s’y rend par un axe qui passe par Jérusalem - lieu de sacrifice et miroir de la Jérusalem céleste - et qui descend à l’intérieur de la Terre jusqu’à la porte d’entrée du royaume des Morts.
Le haut enfer (cercles 1 à 5) regroupe les pécheurs par « incontinence » (ex passione). Le bas enfer (cercles 6 à 9) situé dans l’enceinte de la cité de Dité, l’ange du mal, également appelé Lucifer, regroupe les pécheurs par « malice » (ex electione). Charon, démon aux yeux de braise, est chargé de leur faire traverser l’Achéron, le fleuve qui sépare le vestibule du premier cercle du haut enfer.
L’évocation réunit une conjonction de formes symboliques : cercle, spirale, labyrinthe, pour traduire les chemins convulsifs de l’involution (passage de l’un au multiple).
Dante descend jusqu’au fond de l’Enfer où il découvre la fausse unité : Lucifer au triple visage (la trinité maléfique corps/âme/esprit) et aux trois bouches. La bouche est l’ouverture par où passent à la fois le souffle (puissance créatrice), la parole (conscience) et la nourriture (entretien de la vie).
La nature des damnés sert à l’expression de forces négatives, sous l’influence de planètes correspondant à l’hermétisme chrétien.

Le Purgatoire comprend quatre parties : le rivage de l’île, l’Antipurgatoire (sorte de vestibule), la série des sept corniches, l’accès au Paradis terrestre.

Les sept corniches du Purgatoire

quelques commentaires
1ère  Corniche: L'Orgueil
exemple d’orgueil : le Roi Saül (l’orgueil suscite la violence, la violence punit l’orgueil)
2ème  Corniche : L'Envie

3ème  corniche : La Colère
les colériques marchent dans une « épaisse fumée » : aveuglement + asphyxie. La fumée exprime la relation terre/ciel. La conscience envahie par la colère s’obscurcit.
4ème  corniche : L' « Accidia »
« torpeur » - attitude définie par St Thomas d’Aquin - à combattre par la sollicitude - l’ardeur dans l’écoute et don, l’engagement total de l’être
5ème  corniche : L'Avarice et La Prodigalité

6ème corniche : La Gourmandise

7ème  corniche : La Luxure


Le Purgatoire est le royaume des forces de la Rédemption, incarnées par la Vierge Marie et le cortège des Vertus. La première force de rédemption est l’Amour. La numérologie sacrée gouverne tous les choix métaphoriques du poète pour établir des correspondances symboliques entre péchés, châtiments et béatitudes.

L’ « œuvre  au rouge » ne sera achevée qu’au paradis céleste, dont l’accès se trouve après le paradis terrestre. A cette étape, Virgile termine sa mission et Béatrice prend le relais pour insuffler l’inspiration divine (la raison humaine ne suffit plus).

Une Belle Dame (son nom sera connu plus tard : Mathelda) initie Dante aux conditions de séjour au Paradis terrestre de l’humanité innocente avant le péché originel. Béatrice fait son apparition sur un char traîné par des griffons (traduisant la double nature ciel/terre). Confession de Dante qui se purifie dans les eaux du fleuve Léthé (son infidélité symbolise l’écart de l’âme par rapport aux conditions de son salut). Les trois Vertus théologales obtiennent le pardon de Béatrice pour le poète.

Epilogue : Béatrice insiste sur la mission de Dante. Il doit répéter ce qu’il a vu aux hommes lorsqu’il sera retourné sur terre. Un des buts de la Divine Comédie est le salut du monde dévoyé. Après avoir annoncé la prophétie de l’apparition prochaine d’un libérateur mystérieux, le 515 (en italien cinq cents et dix et cinq), elle explique au poète la signification de l’arbre de la connaissance. Il représente «au sens moral, la justice de Dieu» à laquelle Adam a désobéi. Dante et Béatrice remontent le Léthé (purification par l’oubli du négatif) jusqu’à sa source qui est aussi celle de l’Eunoé (purification par la mémoire du positif). L’unicité de la source est celle de l’âme purifiée prête à entrer Paradis céleste.

Le Paradis. La remontée de l’Arbre de Vie (référence implicite dans le poème) se traduit par la traversée de dix ciels (les dix sephiroths). La hiérarchie des planètes comprend neuf ciels plus l’Empyrée de la Rosa Candida.

Le paradis est composé de neuf ciels ou sphères mobiles (sept planètes : le ciel de Lune, le ciel de Mercure, le ciel de Vénus, le ciel du Soleil considéré à l'époque comme une étoile, le ciel de Mars, le ciel de Jupiter, le ciel de Saturne plus le ciel des étoiles et le ciel cristallin). Le ciel cristallin, ou premier mobile, règle par son mouvement la révolution de tous les ciels. Les moteurs ou les intelligences motrices en sont les anges.

L'Empyrée, ciel immatériel et immobile, ciel de « pure lumière », est le siège de Dieu et de sa cour, composée de deux milices célestes, les anges et les bienheureux. Dante découvre la Rose Céleste. Béatrice est remplacée par Saint Bernard, abbé fondateur de Clairvaux, qui conduira Dante jusqu'à la vision Béatifique. Saint Bernard explique à Dante la structure de la rose céleste. Adam est le père spirituel de ceux qui ont cru que le Christ viendrait et Saint Pierre est le père spirituel de ceux qui ont cru au Christ Venu. La Vierge intercède auprès de Dieu pour que Dante obtienne la béatitude suprême de la vision divine. Il ne désire plus que ce que Dieu veut.

L’étape du Paradis permet de symboliser les mystères de l’Unité, de la Trinité et de l’Incarnation. La grâce suprême plonge le poète dans la paix et la béatitude.
L’évocation dépasse la théologie chrétienne et englobe des traditions multiples dans les voies de la Connaissance, l’Amour de Dieu, la Gnose et la Foi.

3)   Le chemin initiatique correspond à un modèle précis et détaillé.
1er cycle - Enfer = 7 premiers arcanes majeurs du Tarot (étapes de progression) traitant du problème de la maîtrise de la matière par l’esprit ;
2e cycle - Purgatoire = 6 arcanes (8 à 13)[5] concernant la découverte des lois de l’harmonie du cosmos. Les trois arcanes suivants (14-15-16) correspondent au Paradis terrestre ;
3e cycle - Paradis = 6 arcanes (17 à 22) portant sur l’atteinte de l’illumination, la réalisation.

Le résultat du Grand Œuvre (Ergon), c’est la transmutation de l’adepte devenu Maître, doué de multiples pouvoirs, de sagesse - Eveillé, Illuminé, Initié - le face à face du poète et de l’immortalité. La matière est régénérée par l’esprit. L’âme universelle communique la lumière à toute la création. L’image finale est celle de la Roue du Destin (dans le Tarot, arcane de la Roue de Fortune).

Robert Bonnell insiste pour conclure sur l’actualité de l’œuvre qui présente des voies universelles et multiples et suggère un chemin initiatique à suivre vers la sagesse et l’illumination.

Catherine Merlin





[1] On nomme (...) anagogie l'interprétation figurée d'un fait ou d'un texte des saintes Écritures, le passage d'un sens naturel et littéral à un sens spirituel et mystique : par exemple, les biens temporels promis aux observateurs de la Loi sont, dans le sens anagogique, l'emblème des biens éternels réservés dans la vie future aux hommes vertueux. (Définition du TLF)
[2] Connaissance se présentant non comme un savoir acquis, mais comme une intuition salvatrice, une révélation intérieure, reposant sur le dualisme de la connaissance et de l'ignorance, du bien et du mal, de l'esprit et du corps, et se fondant sur l'idée que le monde sensible est dominé par des puissances mauvaises, hostiles au Dieu transcendant, source du monde spirituel que le gnostique cherche à connaître. (idem)
[3] Réduction à un nombre par des additions successives de chaque membre.
[4] On me pardonnera j’espère si j’avoue que je n’ai pas entendu (dans les deux sens du terme) comment…
[5] incl. l’Arcane Sans Nom (Mort) qui est celui du changement, de la  trans-substantiation, de la mort mystique (toucher l’obscurité totale pour renaître à la Lumière).